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Melissa
da
Costa
-
Éloge
de
la
simplicité

Elle est la romancière la plus lue en France. À 34 ans, Mélissa Da Costa fédère des millions de lecteurs. Révélée par Tout le bleu du ciel, elle explore d’histoire en histoire ces moments où la vie bascule… pour révéler autre chose.
Melissa da Costa - Éloge de la simplicité
Inspirations
« Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu’il fait soleil, mais, quand vient l’obscurité, leur beauté n’apparaît que s’ils sont illuminés de l’intérieur. » Par cette citation débute Tenir debout, le nouveau roman de Mélissa Da Costa. Les mots sont signés Elisabeth Kübler-Ross – une psychiatre américaine réputée pour ses travaux sensibles sur la fin de vie, les soins palliatifs et le processus de deuil. Pas étonnant qu’ils aient plu à l’écrivaine : depuis son enfance, celle qui se serait bien vue aux côtés de Harry Potter à Poudlard explore l’âme humaine dans sa fragilité et sa grandeur – et la façon dont la magie peut surgir dans les moments les plus désespérés.


D’où vient votre aptitude à conter les méandres de notre humanité ?


J’ai commencé à écrire à l’âge de sept ans. À cette époque, déjà, j’aimais imaginer d’autres vies à travers l’écriture. Je me revois rentrant de l’école et jouant à assembler des mots, pas simplement pour faire naître une phrase sur un bout de papier, mais parce que j’avais compris que je pouvais par ce biais créer une autre réalité. J’avais saisi que c’était une fenêtre que je pouvais ouvrir, et qui me permettait de faire surgir d’autres existences – un peu comme un dieu, un pouvoir magique ! Très vite, c’est devenu un jeu. Par un coup de baguette magique, je pouvais devenir un petit garçon traversant de drôles d’aventures ou une petite fille habitant à l’autre bout de la planète ! Je n’ai jamais cessé d’écrire. Les phrases du début sont devenues des poésies, des contes et, dès l’école primaire, des bouts de romans. Pendant quinze ans, ce n’étaient d’ailleurs que des fragments épars qui jaillissaient sur une impulsion, comme un besoin impérieux d’écrire sur un personnage ou une thématique. Enfant et adolescente, j’inventais aussi des films avec la caméra de mon père et des pièces de théâtre que mes cousins et moi jouions devant nos parents. Cette capacité à créer des vies et à imaginer des histoires a toujours été là.


Vos romans témoignent d’une grande sensibilité. De quoi se nourrit-elle ?


De mon sens de l’observation. J’adore écouter. Dans les conversations, en général, je suis celle qui écoute, plutôt que celle qui parle ! Je ne pense pas avoir une vie intéressante à raconter, mais en permanence, j’écoute, je ressens, je capte, j’infuse. Je prends plein de petites choses de ce qui se passe autour de moi.


N’y a-t-il pas des circonstances qui vous poussent à prendre la plume ?


Mon besoin d’écrire n’est pas lié à une souffrance ni à un besoin d’exorciser un vécu. C’est juste un désir, un plaisir. Depuis le début, c’est un jeu. Je m’amuse, c’est ma bouffée d’oxygène. Je suis mère de deux jeunes enfants, on me demande souvent où je trouve le temps d’écrire ! Mais l’écriture est ma ressource, c’est elle qui me donne de l’énergie. Je recharge mes batteries en écrivant. Quand je referme mon ordinateur après avoir rédigé quelques pages, je me sens revivifiée.


Vos personnages se retrouvent souvent dans des situations où la vie leur demande de prendre de la distance. En avez-vous personnellement fait l’expérience ?


Ce thème m’habite depuis le tout premier roman que j’ai écrit, Je revenais des autres – qui est paru après Tout le bleu du ciel. C’est l’histoire d’une jeune fille engagée dans une relation toxique avec un homme marié plus âgé qu’elle, qui l’amène à faire une tentative de suicide. C’est le début du livre. Comment s’en sort-elle ? En changeant complètement de milieu. Elle devient saisonnière en haute montagne, dans un petit hôtel-restaurant. Et en changeant de milieu, elle change. Entourée de neige et de silence, au contact d’une nature rugueuse mais salvatrice, elle peut à nouveau respirer. Personnellement, j’ai grandi à la campagne. À 18 ans, je suis partie à Lyon pour faire mes études et démarrer ma vie active. J’ai adoré le bouillonnement de cette ville, mais à un moment, c’était trop, j’étouffais. D’abord parce que mon emploi ne me convenait pas ; je m’y sentais enfermée, je n’avais pas le sentiment de m’y réaliser. Ensuite parce que je vivais moi-même une relation toxique avec un homme plus âgé. Je me sentais écrasée, fanée. Puis j’ai eu l’opportunité de changer de travail. J’ai déménagé à Grenoble, je me suis éloignée de cet homme. Ce fut une respiration. Je me suis retrouvée entourée de montagnes, dans une ville très portée par la nature et l’écologie, où l’ambiance était bienveillante. J’ai ressenti une immense énergie positive. Je vivais seule, je ne connaissais personne, mais j’étais bien ! Comme un retour à soi et à l’essentiel… Quelques mois après, j’ai rencontré mon compagnon actuel. Nous avions envie de voyager. Nous sommes partis passer un an en Nouvelle-Zélande.


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À
propos

auteur

  • Réjane d' Espirac

    Autrice et réalisatrice
    Réjane d'Espirac collabore à Inexploré par la rédaction de reportages, de récits, d'entretiens, et la réalisation de documentaires. ...
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À
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Inexploré n°64

Magnétisme

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