Ces dernières décennies, la pensée judéo-chrétienne a perdu de son influence en Occident, mais le besoin de sacré reste présent. En réponse à ce changement, on observe une nouvelle ouverture envers des pratiques qui étaient autrefois plus confidentielles. Comment cette connexion avec le monde invisible se traduit-elle ?
Âme du monde
Shutterstock / Zolotarevs
La capacité d’entendre l’invisible est restée longtemps dans le seul giron de la pensée magique et ésotérique. Une aptitude qui a été, historiquement, la vertu, ou parfois le sacerdoce, de quelques élus. Prophète, pythie, homme-médecine amérindien, tahu’a polynésien, ovate celte, kuten-la tibétain… Dans toutes les civilisations, des femmes et des hommes ont été désignés comme relais entre le monde des humains et celui des esprits. Et par « esprits », c’est à une multitude d’archétypes de nature variée que l’on fait référence. Tantôt dieux ou déesses, anges, ancêtres et dragons, parfois gardiens des éléments, divinités courroucées ou féroces protecteurs, la déclinaison est à la mesure des mythologies propres à chaque tradition. Si, en Occident, les pouvoirs ésotériques ont longtemps été prohibés, depuis quelques années, cette région du monde connaît une libération de la parole autour de ce sujet. Des capacités recouvrées qui serviraient – comme en témoignent les « clairaudients » – tant à la légèreté de la vie quotidienne qu’à la profondeur du chemin spirituel. Alors, comment comprendre ce désir d’entendre les archétypes spirituels ? Comment vit-on avec le murmure de l’invisible ?
Le désir d’entendre : une histoire très ancienne
Si la question n’est pas même évoquée dans la grande majorité des civilisations encore en lien avec leurs
racines spirituelles, en Occident, la « clairaudience » continue d’interpeller. En effet, ils ont été nombreux à « entendre des voix » : Socrate, sainte Thérèse d’Avila, Jeanne d’Arc, Carl G. Jung, Victor Hugo, Robert Schuman et tant d’autres… Or, beaucoup ont essayé d’en guérir, pensant qu’il s’agissait d’une pathologie psychiatrique. D’autres ont perdu la vie pour avoir transmis leur message. Pourtant, d’aussi loin que nous parviennent les traces de sociétés organisées, de telles capacités sont présentes. Elles s’accompagnent de rituels à destination d’êtres invisibles ou de gardiens de ces canaux particuliers qui relieraient le monde des hommes à celui des esprits. Et pour connaître l’origine de ce lien, il faut remonter encore plus loin, jusqu’aux rites funéraires les plus anciens que nous connaissions (environ 100 000 ans av. J.-C.), et qui témoignent d’une conception symbolisée de la mort. « Devant la question fondamentale de la mort, commune à l’ensemble de l’humanité, il y a eu une nécessité de transcendance avec la création de tiers médiateurs que l’on appellera par la suite divinités, esprits ou anges », explique Denise Lombardi, anthropologue, docteure associée au GSRL-CNRS. En d’autres termes, la mort revêt un sens au-delà de la perte du corps physique, proposant ainsi une réalité pourvue d’une dimension invisible de l’existence. C’est avec cette dimension que les hommes vont tenter de communiquer. Le préhistorien Jean Clottes défend l’idée, dans ses ouvrages, que l’art pariétal (paléolithique) servait, pour les chamanes préhistoriques, « à matérialiser des visions » reçues lors de transes. « Les chamanes peuvent voyager en esprit entre les mondes et entrer ainsi en contact direct avec les forces surnaturelles puissantes qui gouvernent les choses de la vie dans le monde où nous nous trouvons. [Le chamane] allait, ce faisant, à la rencontre des esprits qui peuplaient ces lieux mystérieux et effrayants et résidaient dans la roche. Il entrait en contact avec eux grâce à la peinture ou à la gravure », explique le préhistorien. La relation entre l’homme et l’invisible est lointaine. Et pour Jean Clottes, cette connexion au monde des esprits-guides avait pour but premier la gestion des choses quotidiennes comme « la chasse, les maladies, les relations humaines ». Alors, comment vivent aujourd’hui les femmes et les hommes qui entendent des messages pour ces « choses de la vie » dont parle le préhistorien ?
Depuis quelques années, on assiste à un changement
ontologique. La vision cartésienne laisse place à une recomposition avec l’invisible.
Un quotidien, plusieurs dimensions
« Depuis quelques années, on assiste à un changement ontologique. La vision cartésienne laisse place à une recomposition avec l’invisible. Si le phénomène religieux recule, le besoin du sacré, lui, ne recule pas et on le transfère, depuis la pratique de la vie chrétienne, vers des rites appropriables dans le quotidien », explique Denise Lombardi en faisant référence à l’intérêt croissant pour les activités chamaniques en France. Et c’est précisément dans le quotidien le plus commun que deux « clairaudients » expérimentent cette aptitude à entendre l’invisible. (...)
Sahra Leclerc est journaliste spécialisée dans les philosophies orientales, l'étude de la conscience et l'interface homme-nature.
Elle pratique la méditation bouddhiste depuis ses 16 ans et évolue au sein d'une double culture franco-indienne depuis plus de dix ans. ...
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Inexploré n°63
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