Nous sentons intuitivement que la nature est source d’infinis bienfaits, sans mesurer l’alchimie subtile à l’œuvre. Pour mieux la comprendre, explorons les arcanes du cerveau et les coulisses de notre biologie qui résonnent avec le vivant.
Sciences
Shutterstock/Simona Pilolla 2
Quel paradoxe ! Alors que la Terre mère n’a jamais été aussi outragée, les études éclairant les vertus de la « nature » sur le corps et l’esprit se multiplient. « C’est lorsque nous entrons en contact avec nos racines, qui ne poussent pas dans du béton, que la biophilie peut agir. La biophilie, c’est l’expérience de la nature et du sauvage, c’est la beauté naturelle et l’esthétique, la libération et la guérison », s’émerveille le biologiste Clemens G. Arvay dans L’effet guérisseur de l’arbre. Promenons-nous dans les bois...
Quand le blues
se met au vert
Pour le compositeur Olivier Messiaen, la nature est « la suprême ressource ». Ce n’est pas Simon(1), « calciné » par un burn-out, qui le contredira. La nature l’a sauvé : « Des quelques pas, au départ, dans mon jardin, aux longues marches en forêt, j’y ai retrouvé l’envie de sortir – de chez moi et de moi-même, de cette prison intérieure où je m’auto-étouffais. L’odeur de l’humus, le chant des oiseaux, l’écorce des arbres, la lumière, le calme, la beauté... Tout ça a fini par me “ré-incarner”, en me redonnant goût à la vie. Avant, je travaillais pour une entreprise hyperagressive commercialement – je détestais celui que j’étais devenu ! Me reconnecter à la terre m’a permis de renouer avec un rythme naturel, avec une écoute subtile du monde et de mes besoins. Je me suis connecté à une dimension plus féminine, réceptive... » Depuis, Simon est devenu guide nature. Derrière ces ressentis intuitifs d’un mieux-être, que nous expérimentons tous en nature, se profile un incroyable cocktail d’effets bénéfiques, largement documentés par les chercheurs du monde entier. « Il existe une force de l’infini et cette force est verte », affirmait déjà Hildegarde de Bingen, dont la médecine des plantes a traversé les siècles. Cette force verte, harmonisatrice, est surnommée « vitamine G », pour green vitamine, par Nicolas Guéguen et Sébastien Meineri, dans Pourquoi la nature nous fait du bien (éd. Dunod) : « La vitamine G, c’est la vitamine de la vie ! »
Une médecine à large spectre
Les peuples racines n’ont jamais douté de ce lien effectif et affectif : ils fondent nombre de rituels de santé du corps et de l’esprit (indissociables dans cette vision du monde) sur l’harmonisation du lien entre l’être humain et les éléments naturels. La science rejoint leurs intuitions : « Les plantes communiquent directement avec notre système immunitaire et notre inconscient, sans que nous ayons besoin de les toucher ni de les manger. L’interaction avec la nature joue et jouera un rôle très important lors de traitements des maladies physiques et psychologiques. Il ne doit plus y avoir d’hôpitaux sans jardin ou accès à un pré ou une forêt, plus de zones urbaines sans nature », clame Clemens G. Arvay. À ces bienfaits tangibles s’ajoute un déploiement d’ordre spirituel : pour les « dé-naturés » que nous sommes devenus, dixit Théodore Monod, cette reliance au vivant nous enracine autant qu’elle nous élève. Dans Ma spiritualité au cœur de la nature (éd. Jouvence), Philippe Roch, désenchanté par un engagement écologique se cognant aux limites de notre modèle de société, confie : « Il m’est devenu de plus en plus clair que mon église est la nature et ma religion une communion aux niveaux matériel, sensoriel, psychique et spirituel avec tous les membres de notre grande famille cosmique. » Un émerveillement holistique ! Naturellement thérapeutique, au sens large et sacré.
Cette nature humanisée agit, elle aussi, sur notre bien-être : ses bienfaits sont prouvés, durables et puissants.
Du végétal
dans le cérébral
En écho aux progrès des neurosciences, ce sont les connivences entre matière grise et mise au vert qui sont à la pointe des recherches. Le neuroscientifique Michel Le Van Quyen, directeur de recherche à l’Inserm, consacre son récent ouvrage, Cerveau et nature, à cette symbiose vertueuse, qu’il a lui-même expérimentée. Un trop-plein de stress l’a conduit à une paralysie de Bell – une infection du nerf facial qui l’a laissé littéralement sans voix pendant des semaines. Durant cette parenthèse singulière, il constate les bénéfices corps/esprit de se « re-poser » au calme des environnements naturels (à retrouver dans son livre précédent, Cerveau et silence).
S’ensuit le confinement, que ce neuroscientifique a passé dans un petit appartement parisien : « Comme tant d’autres, j’ai vécu très brutalement cette séparation avec le monde naturel ! De là est née l’envie de comprendre, depuis mon point de vue de scientifique, pourquoi nous étions si nombreux à chercher éperdument à nous connecter à la nature pour mieux faire face à cette crise... (...)
Après avoir aiguisé son art journalistique en qualité de rédactrice en chef de divers magazines belges, Carine Anselme décide un jour de ne plus tremper sa plume que dans ce qui la touche au plus profond de son être et qu’elle rassemble sous le vocable « écologie humaine ».
De « Psychologies magazine » (édition belge) à « Bioinfo », en passant par « Gael », « Nest » ou encore « Terre Sauvage », elle est devenue une journaliste incontournable sur tous les sujets qui touchent aux médecines altern ...
À
retrouver
dans
Inexploré n°57
Notre Terre Mère
Nous savons que la nature est source d’infinis bienfaits pour notre santé et notre psyché, notre équilibre. Alors, pourquoi continuons-nous collectivement à blesser la Terre mère ?
Pachamama, Gaïa, Ala, Etügen, Prithvi… Les mythes de la grande déesse accompagnent l’humanité depuis le Paléolithique. Des neurosciences à la géobiologie, en passant par une réflexion sur l’écologie spirituelle et les enseignements de traditions ancestrales, ce numéro hivernal met à l’honneur le féminin sacré pour nous aider à sublimer notre lien au monde. Comment se reconnecter à cette nature sacrée ?
Roue de l’année, célébrations, changements de conscience… Atemporelle, essentielle et vitale, cette thématique d’actualité nous concerne toutes et tous. Très belle découverte d’Inexploré n° 57 de la part de toute la rédaction !
On s’y baigne, on y pêche, on y navigue. Mais réalisons-nous
le lien qui nous unit aux océans, ainsi que tout ce que
nous avons à en apprendre, et pas seulement à en prendre ?
Plongée à la rencontre de ...
Aujourd’hui, les besoins de solutions écologiques, durables et locales sont de plus en plus nécessaires. Et si le low-tech, qui plus est en partage de savoir, pouvait voyager et transformer les ressources locales ? Rencontre avec Corentin de Châtelperron.
C’est un fait établi, les arbres communiquent, échangent et s’entraident. Si l’on voyait simultanément sous la terre, la forêt nous apparaîtrait même comme un seul organisme. Découverte d’un univers végétal aux connexions vertigineuses.
La dernière révolution quantique tend à prouver ce que beaucoup de penseurs et chercheurs questionnent depuis des siècles : tout semble relié dans l’Univers, du plus grand au plus petit. Des similitudes structurelles entre notre cerveau et l’Univers viennent illustrer ...
Dix-sept jours après la mort, des chercheurs auraient trouvé des cellules souches toujours bien vivantes dans les cadavres humains. Perspectives de cette surprenante découverte avec Jean-Yves Nau. (Lu sur Slate.fr)
17 juin 2012
Des cellules toujours vivantes 17 jours après la mort
Y-a-t-il des esprits dans la nature, disposés à nous conseiller sur nos choix de vie ? Réponse de Loan Miège, à travers « l'Oracle des esprits de la Nature ».
On connaît l’aide que procurent au corps les huiles essentielles, véritables
soutiens pour la guérison. Moins connues sont leurs vertus spirituelles, qui
font d’elles des médiatrices entre ciel et terre.
Jusqu’à quel point une espèce animale peut-elle avoir un impact positif sur son environnement ? Au Parc Yellowstone, le loups vont jusqu’à changer le comportement des rivières.
L’INREES utilise des cookies nécessaires au bon fonctionnement
technique du site internet. Ces cookies sont indispensables pour
permettre la connexion à votre compte, optimiser votre navigation et
sécuriser les processus de commande. L’INREES n’utilise pas de
cookies paramétrables. En cliquant sur ‘accepter’ vous acceptez ces
cookies strictement nécessaires à une expérience de navigation sur
notre site.
[En savoir plus][Accepter][Refuser]