Le célèbre écrivain Didier Van Cauwelaert aime sortir des sentiers battus et rôder aux limites de la science. S’interrogeant sur les raisons amenant notre société à rejeter tout ce qu’elle ne peut expliquer, il nous invite à plus d’ouverture et de curiosité.
Sciences
Si le paranormal avait révolutionné la connaissance, ça se saurait. Il n’y a qu’à regarder où en est la connaissance du paranormal, toujours aussi dénaturée, faussée, occultée, quelles qu’en soient les causes : peur, méfiance, rejet sincère ou censure « protectrice » des rationalistes. C’est toujours le même débat qui est ressassé dans les médias : « Est-ce que ça existe ou pas ? », ce qui est aussi enrichissant que de se demander si l’homme est mortel ou non. Le fait est largement démontré, mais on préfère revenir sans cesse sur la « vraisemblance » au lieu de s’interroger sur le sens. Ou sur l’histoire des sciences.
Au XVe siècle, on brûla comme sorcière une femme prétendant qu’on pouvait recréer de nuit dans une pièce la clarté du soleil, par un « courant de lumière » invisible. Or l’électricité existait. Mais on n’avait pas encore inventé les fils, l’ampoule et l’interrupteur. La science d’aujourd’hui, c’est le paranormal d’hier. Si l’on regroupe sous cette appellation incontrôlée tout ce qui échappe à la raison « pure », aux modèles préétablis et aux conseils de l’Ordre, combien de connaissances à présent communément admises nous sont arrivées par un canal paranormal ? Copernic, Kepler, Galilée, Newton, Pasteur, Edison, Fleming, Einstein, Yves Rocard, Régis Dutheil, Olivier Costa de Beauregard, Jacques Benveniste étaient-ils des « normaux », des « bien vus », de dociles adeptes de la déduction logique et des canons rationalistes ?
A un moment ou à un autre, ils ont tous été décriés, discrédités, condamnés parce qu’ils avaient trouvé, ce qui depuis bien longtemps est considéré comme incompatible avec l’état de chercheur. C’est pourquoi l’intuition scientifique, l’accès soudain ou méthodique à un niveau de connaissance inédit, est toujours le fait de marginaux, de solitaires incompris, d’esprits curieux et vigilants qui refusent l’idée qu’un iceberg soit résumable à sa partie visible. Et je pense même que l’hostilité ambiante des gens « normaux » est souvent un excellent stimulant pour ces intelligences rebelles. C’est d’ailleurs en cela que les gardes-chiourmes de la raison officielle ont leur utilité. Mais il ne faut pas dépasser la mesure.
Pourquoi tant de haine ? Pourquoi pratiquer avec tant de bonne foi le terrorisme rationaliste ? Pourquoi les détenteurs de la vérité cartésienne s’énervent-ils toujours dans les débats, pourquoi qualifient-ils a priori de naïfs, d’hallucinés ou de menteurs les témoins, victimes ou bénéficiaires de phénomènes inexpliqués (miracles, apparitions, OVNI, N.D.E, médiumnité, transcommunication…) ? Pourquoi essaient-ils de nous faire croire qu’il y a réponse à tout ? Par crainte de la manipulation des consciences ? Pour nous protéger des sectes ? C’est très bien – sauf que les sectes se portent de mieux en mieux, toujours prêtes à accueillir à bras ouverts les victimes d’événements paranormaux, diabolisées, ridiculisées par les rationalistes. Pour éviter que l’inexplicable ne nous ramène à l’obscurantisme ? Curieux raisonnement qui revient à dire que tout ce qui nous dépasse nous diminue. Or nous vivons dans un miracle constant, au sens non pas religieux, mais étymologique : « source d’étonnement ». Il suffit de savoir que l’homéostasie, la stabilisation des constantes physiologiques, est toujours la même, que le rapport oxygène/hydrogène qui nous permet de respirer ne varie jamais, quels que soient les facteurs climatiques, les accidents volcaniques, chimiques ou nucléaires. Des savants m’assurent que s’il variait d’un point, la vie serait impossible sur terre, tout brûlerait. Mais qui est le gardien de cet équilibre ? La « nature » ? L’évolution ? L’autorégulation de la planète ? Les bactéries qui ont inventé la photosynthèse ? J’aimerais bien que les rationalistes s’expriment sur ce point, mais c’est moins confortable évidemment que de se gausser des gens qui déclarent entendre des hertziennes varie, et que des sons nouveaux apparaissent puis disparaissent – comme s’il s’agissait d’une matière « vivante ». Pour autant, et Dieu merci, nous n’avons pas la preuve objective que ces phénomènes sont imputables à l’au-delà. Un laboratoire de Toronto a démontré que des médiums et des scientifiques pouvaient se concentrer suffisamment pour imprimer sur bande magnétique les mots auxquels ils pensaient. Et les rationalistes de fêter cette victoire de la raison. C’est dire où ils en sont. (...)
Prix Goncourt en 1994 pour "Un Aller Simple" et habitué des prix littéraires, Didier Van Cauwelaert est un auteur prolifique qui aime sortir des sentiers battus et rôder aux limites de la science. Curieux de tout, les expériences extraordinaires l’inspirent et ses romans abordent les thèmes des expériences de mort imminente, des sorties hors du corps, des rêves, du magnétisme ou encore du chamanisme. Didier van Cauwelaert a également travaillé pour le cinéma en tant que scénariste, et a réalisé ...
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